Neuf éoliennes dans le Sud de la France

Cette série a été réalisée en parallèle d’une recherche théorique sur la photographie de payage en France de nos jours.
Les neuf photographies mettant en exergue la relation des éoliennes avec leur environnement. Les éoliennes font régulièrement l’objet de critiques, essentiellement esthétiques, et remettent en question la perception du paysage. En effet, souvent installées dans des zones rurales, elles « gâcheraient » le paysage de leur multitude, de leur immensité et de leur aspect futuriste.
Les prises de vues sont réalisées en Aveyron et à la limite du Tarn. Les lieux de prises de vues ont été choisis pour deux raisons distinctes : premièrement, ils présentent une multitude de paysages exceptionnels et très différents les uns des autres, du paysage agricole à la forêt de pins ou encore aux montagnes. De plus, la région a pour moi une valeur personnelle et sentimentale : c’est le lieu où j’ai grandi et vécu, où je reviens régulièrement, et où je vois peu à peu mes paysages-souvenirs modifiés. Le souvenir et la perception du territoire d’aujourd’hui s’en trouvent ainsi divisés.
J’ai voulu dans cette série, simplement montrer les éoliennes d’une manière différente, les documenter.

 

Dans la série, il s’agit pour chaque photographie, de mettre en liaison une éolienne avec à chaque fois un paysage différent.
Inspirée par les typologies des Becher, l’éolienne est toujours au même endroit dans l’image, au centre et en premier plan, créant répétition et géométrie ; et le paysage est toujours différent, montrant la variété et la singularité des espaces. Je retourne ainsi la situation : à la place de voir une multitude d’éoliennes dans un seul paysage, ce qui est généralement le cas dans la représentation de l’éolien dans le paysage, nous voyons maintenant à chaque fois quasiment la même éolienne à chaque fois dans un paysage différent. L’effet est surprenant : en réalité, ces structures sont gigantesques et le paraissent d’autant plus lorsqu’elles sont représentées en groupe. Seules face au paysage, elles paraissent plus petites, et s’intègrent finalement mieux aux paysages.